
| Trois mois la tête en bas |  | Le départ Direction l'Australie | La perspective du départ de ma fille m’a totalement habitée pendant les trois semaines qui l’ont précédé. Mon énergie, mes pensées, mon temps, mes actes et mes propos, se sont entièrement focalisés sur la préparation de cette échéance. Je n’ai vécu qu’au travers l’attente de ce moment, comme j’aurais attendu une intervention chirurgicale programmée, dont je savais qu’elle allait profondément modifier mon équilibre an(in)térieur. La réalité a alors pris des couleurs et des saveurs différentes, j’ai regardé la vie d’un autre œil, traversé le présent tel un condamné en sursis, goûté chaque instant comme s’il devait être le dernier. J’ai vu l’échéance se rapprocher comme le bord d’un précipice, essayé de ralentir, d’arrêter le temps, pensé renoncer. Je me suis pourtant convaincue que c’était la bonne décision, qu’il fallait me montrer courageuse, que le bénéfice serait immense, qu’il récompenserait l’effort, la souffrance, la perte.  J’ai entouré ma fille de mille attentions, je l’ai écoutée, observée, comme j’avais peu eu l’occasion de le faire sur la période passée, je me suis délectée de chaque fraction de seconde passée avec elle, de chaque sourire, chaque anecdote. Mon enfant adorée, unique, mon trésor... Ce faisant, la perspective de la séparation est devenue encore plus difficile, angoissante. J’ai compris aussi que dans cette période charnière qu’est l’adolescence, la jeune fille que je reverrais dans trois mois ne serait pas l’enfant que je laisserais partir. Le jour J, nous avons bouclé le sac, refermé la porte de l’appartement, roulé en silence vers l’aéroport. Tout allait trop vite, de plus en plus vite. A Roissy, nous nous sommes présentées ensemble pour les formalités d’usage : « Le service des admissions svp ? Oui, nous avons tous les papiers. La carte vitale ? bien sûr. La convocation du chirurgien ? Naturellement. Des affaires de rechange ? Euh… oui, 30 kilos. ». Dernier repas léger avant l’intervention, puis départ pour le bloc. « Non madame, zone réservée, vous ne pouvez pas passer cette ligne, la demoiselle doit partir seule ». Je le sais, connard ! Elle s’éloigne, je la vois franchir la zone de contrôle, puis de sécurité, puis, alors qu’elle n’est plus qu’un petit point sombre derrière les cloisons vitrées, elle disparaît totalement, comme avalée par cette immense machine. Ça y est, c’est fait, définitif, irréversible. On m’a arraché un bras, ou une jambe, ou les deux, je ne sais pas exactement. Peu importe d’ailleurs. Je vacille, je m’effondre. Je vais mourir de chagrin, ici et maintenant. Le silence s’installe pendant plusieurs heures. Bip-bip, fait la machine à mon chevet « ici Dubaï, coucou c’est moi, tout va bien » ! Ouf… je prends un peu de repos. « Bip-bip… c’est encore moi, depuis Singapore. » Le jour commence à se lever. « Bip- bip, je suis arrivée à Melbourne, je vais me coucher. » Dors bien mon ange… C’est terminé. Le sang circule à nouveau dans mes veines et je reprends doucement vie. | | Texte Bella Coola |
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Michel Freret01/02/2012
 | Cette seconde semaine du mois de septembre 2011 avait pourtant bien commencé. Le lundi 5, un charmant couple Japonais entre deux âges était venu acquérir une magnifique Ebel Beluga Tonneau sertie de diamants très blancs et très purs, et le mercredi 7, un Brésilien à peine quadragénaire, sympathique et volubile, avait craqué pour une Vulcain « Obama », la « Montre du Président ! |
Fanny Lasserre14/10/2011
 | Une fois par semaine, je me rends dans un hôpital parisien et je revêts ma blouse qui n'est ni blanche, réservée au personnel soignant, ni bleue, réservée aux chirurgiens, mais rose fuchsia, récemment redessinée par Agatha Ruiz de la Prada. |
Michel Freret12/06/2011
 | Pourquoi cet article qui - me direz-vous - sort de mes attributions ou sujets habituels, beaucoup plus légers ou futiles ? Première raison, il y a quelques mois, une cliente est passée me voir à ma boutique parisienne. Elle s'impliquait beaucoup dans la lutte contre cette maladie, au sein d'une association qu'elle souhaitait mieux faire connaître, l'Association Répit France |
Jola Balcer et Julien Pepy21/03/2011
 | Je pars en Pologne avec mes préjugés de Français sur ce pays : le froid, la grisaille, la vodka, le fameux plombier polonais et le peu de connaissances culturelles que j'en ai : un pays de l'ancien bloc soviétique, Jean-Paul II, Chopin, Lech Walesa... |
Olivia Bonnamour24/01/2011
 | Aujourd'hui Françoise est âgée de 53 ans, elle est directrice générale d'une PME depuis quinze ans et gagne 4000€ par mois. Au travers de l'immense baie vitrée du bureau spacieux qu'elle occupe, elle contemple le paysage de la zone urbaine d'un air oisif. |
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