| Sieste nostalgique |
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Les yeux mi-clos, attendant un sommeil qui ne vient pas, je me rêve.
La chaleur écrasante du dehors suspend le temps, des oiseaux chantent, des mouches volent, et les pensées virevoltent.
La petite fille que je ne suis plus est encore bien en moi, ne voulant pas céder la place. Elle, qui se projetait dans des vies imaginaires, a construit la sienne au détriment de toutes les autres. Cette tapisserie de son enfance, encore en état, l’alourdit de nostalgie. Le regard posé sur ces touches de couleur fanée ravive des souvenirs lointains. Une enfance calme et protégée où la veille parentale, protectrice, lui donnait une perception de la vie déformée, filtrée, éloignée de la réalité. Des rêves à la réalité, le passage a été douloureux et contraignant, l’envol difficile et l’envie d’affronter parfois absente. L’ombre de la lampe éteinte, n’est-ce pas le symbole de cette réalité qui a assombri ses aspirations de sérénité, de sécurité ? Ces fleurs désuètes aux couleurs d’antan ne serait-ce pas cette enfance qui s’éloigne et pour laquelle un deuil à faire paraît nécessaire ?
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La femme allongée dans son lit de jeune fille a du mal à s’unifier dans ce qu’elle est aujourd’hui. Son corps lui échappe, la vie s’est écoulée sans conscience réelle et elle perçoit bien qu’elle est enkystée dans ce qu’elle n’est plus depuis longtemps. Elle s’est pourtant appliquée à jouer avec le plus grand sérieux, des rôles qu’elle ne s’est pas écrits.
L’ombre figée lui rappelle ces temps éloignés où sa vie immobile lui paraissait si sécurisante. Adossée à ce mur parental, la curiosité la poussait rarement à regarder de l’autre côté, persuadée de n’y voir que chaos et inquiétudes. Le mur a été franchi à son insu, malgré elle, la vie tel un rouleau compresseur l’a renversée, l’instinct de survie l'a fait se relever, mais les cicatrices sont présentes.
La torpeur l’envahit, la vie l’engloutit, l’ombre se déplace lentement, les oiseaux se sont arrêtés de gazouiller, la chaleur est pesante. Les yeux lourds de toutes ses images passées, se ferment pour laisser place aux rêves, aux vrais, ceux du sommeil. Fuite ou repos salvateur, le temps d’une sieste au creux de son lit de jeune fille, elle lâche prise.
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Texte Monique MAGGIOLO Photo Vanessa GALLIGAN |
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Monique Maggiolo01/06/2009
 | Le Métro, serpentin souterrain qui ondule dans le ventre de la terre, absorbant la foule par ses bouches béantes, rapide comme l'anguille ou se traînant tel un escargot soumis aux aléas humains ou techniques. |
Monique Maggiolo01/05/2009
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Il est 13 heures, une heure où le temps s'arrête sous la chaleur écrasante de ce mois d'août. Allongée dans l'herbe de ce pré pentu, je m'emploie à respecter la consigne de cette grand-mère intransigeante, qui oblige sa petite-fille à faire la sieste quotidienne. |
Monique Maggiolo01/03/2009
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Je pense au carrefour de ma vie, à ces routes qui s'ouvrent devant moi et déjà je sais qu'une seule m'appartient, celle de ma destinée, celle faite de mes choix et de tout ce que je ne ferai pas. Ce que tu vois de moi aujourd'hui, c'est une femme, une jeune adulte, le regard direct posé sur l'objectif, et donnant la meilleure image d'elle-même. |
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