| Le manque |  | Au début, il apparaît lointain, réduit à sa plus simple expression, quelque part tapi au fond, du corps, du cœur, de l’esprit. Il est infime et semble n’être qu’un épiphénomène, isolé, annexe. Il s’agite bien un peu, mais ne fait pas de dégât car il est coincé, voire masqué. Il semble apprivoisable, maîtrisable. Le corps et l’esprit sont encore unis, ils forment un rempart de protection face à la tempête qui s’annonce. |  | Et puis tout à coup, telle une boule de flipper, le manque se déplace à travers tout le corps, de façon désordonnée, allant frapper à droite, en haut, en bas, à gauche, rebondissant sur une partie molle puis sur une partie dure pour enfin transpercer le cœur et le diaphragme.
Le projectile brûle, brise tout sur son passage. La douleur est fulgurante, telle une contraction, la respiration est coupée, le corps ploie sous la décharge électrique. La minute d’après, l’onde de choc semble s’éloigner, la respiration reprend, l’accalmie est là… on y croirait, et puis… la douleur revient, plus forte encore comme revigorée par ces secondes de répit, plus intense encore.
La boule de flipper repart de plus belle dans sa course folle et aléatoire, cette fois-ci elle cogne un flanc, et la seconde d’après le bas du crâne pour toujours aller se loger dans le cœur et finir sa course au niveau du plexus solaire. Le cerveau s’agite, tente d’analyser en situation d’urgence comment atténuer cette douleur, d’abord la pensée se met en mouvement, celle à qui l’on prête tant de force et de pouvoir, celle qui permet de prendre la distance nécessaire à nous protéger et puis tout s’écroule tel un château de cartes, ou un verre de cristal qui se brise en mille morceaux, et là le dos se courbe pour affronter cette douleur avec le vain espoir que cette fois ce sera sa dernière course… pour la délivrance. | Texte Monique MAGGIOLO Photos Gisèle DIDI |
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Marie Masuyer24/01/2011
 | Ankara, 1940. Le temps ne passait pas aussi vite que je l'aurais espéré. Je devenais obscur. Depuis deux mois j'avais déjà fait le tour de la ville. Ses ruines romaines, son architecture hétéroclite, ses nuits interlopes... Parce que je ne pouvais l'imaginer autrement, j'avais dédié ma vie à mon pays, dans la cavalerie d'abord, puis dans le ciel, pionnier parmi d'autres d'un espace infini qu'on avait déjà transformé en champs de bataille. |
Robila Goudjil01/12/2010
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Je ne me suis pas rendu compte de suite que je parlais toute seule. Ça devait faire un moment que ça durait. Je voyais bien que je n'étais pas la seule, j'avais croisé ce grand garçon, avec ses longues enjambées, qui en me frôlant, répétait, et alors et alors qu'est ce que ça peut faire. |
Thierry Vasseur01/09/2010
 | Ne pouvant bouger de mon lit, un pistolet m'a été remis : ce récipient devenait mon meilleur ami en me permettant de vider ma vessie à volonté. Le seul problème, c'est qu'ayant oublié depuis longtemps la loi de la mécanique des fluides, j'étais persuadé que la pression ferait ressortir l'urine pour mieux la répandre dans le lit. |
Thierry Vasseur01/07/2010
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L'histoire est pour le moins bizarre : cela commence par une banale sortie de décor qui vous projette dans toutes les acceptions du terme dans un univers inconnu bien plus dépaysant que la découverte des romans de Jules Verne. Les accidents sont toujours bêtes, donc je n'évoquerai pas les circonstances afin de ne pas leur donner trop d'importance. Toutefois le vélo, et particulièrement le VTT, ne sont pas contrairement à un animal à quatre pattes, le meilleur ami de l'homme. |
Fanny Lasserre01/05/2010
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Cette nuit-là, le ciel est tombé par la fenêtre à peine ouverte, et c'est une petite étoile jaune qui est venue s'agrafer sur mon cœur. C'est une belle histoire me direz-vous ! |
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