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Par Fanny Lasserre le 01/05/2009 | Réagir | Envoyer | Imprimer
[A] Jérôme Faillant Dumas
[B] Jérôme Mesnager
Il semble impossible de contenir la personnalité et le talent de Jérôme Faillant Dumas à qui le temps manque dans l'espace limité d'une page de magazine. C'est un homme affable, élégant, passionné dont la rigueur frise l'obsession, qui crée des objets et des meubles dont le raffinement dans le détail ultime et caché, révèle la profondeur de sa réflexion autour de son métier. Inqualifiable et merveilleux.

Né dans une famille qui le prédispose à l'exception, il grandit entre un père artiste peintre, prix de Rome en 1936 et une mère qui travaille au Laboratoire de Recherches du Louvre soutenu par André Malraux alors Ministre de la Culture et ami de la famille. C'est dans ce cœur battant d'influences intellectuelles que Jérôme Faillant Dumas puise encore aujourd'hui son inspiration.









Directeur artistique pendant plusieurs années d'Yves Saint Laurent, de Dior et de Guerlain, il crée en 1997 avec Gaétan Lebègue, architecte d'intérieur, une agence de conseil en création artistique et publicitaire et trois ans plus tard une société d'éditions d'objets en séries limitées, de meubles haute couture. Baptisées respectivement L.O.V.E et L.O.V.E éditions, il eût été facile de décliner avec lui les lettres qui en composent le nom. Mais la définition serait restrictive. Au-delà du L pour Luxe, du O pour Objet, du V pour Visuel, du E pour Environnement, il y a un univers fait de couleurs « denses et profondes, j'aime les noirs de couleurs ou les couleurs à pigments francs », de matériaux tels l'orme du japon, le bois de palmier « le plus précieux », le nickel, le plexiglas, l'albâtre pour n'en citer que quelques-uns. Un monde de rêves et de talents.











À la source, il y a le dessin, réalisé sur le papier, le modélisme de l'objet, du meuble, du flacon, puis la recherche permanente de la perfectibilité de sa création. Son métier de directeur artistique lui impose de s'intéresser à toutes les maîtrises artistiques qu'elles soient formes architecturales, qu'elles soient photographiques, qu'elles soient textiles ou qu'elles soient matières. L'exigence qu'il s'impose est la même pour tous et pour tout ce qu'il réalise.

À l'arrivée il y a un meuble, frappé, comme toutes ses créations, de ce désir obsessionnel du détail, celui qui le différencie de tous les autres. Le luxe ultime « c'est la commande spéciale ! Si je fais appel à la marqueterie de paille, je fais appel à un savoir-faire humain donc à l'artisanat, c'est ça qui m'importe » ajoute-t'il. Il faut regarder le dos de la commode pour discerner le découpage des tiroirs. Un biais dans le chêne, pensé par son créateur, travaillé par des artisans français. De fait, prendre place dans le fauteuil Éléphant, c'est entrer en correspondances avec le désir que Jérôme Faillant Dumas a de partager sa passion du beau.

L'assise, le dossier, de velours de soie jusqu'aux pieds, vous enveloppe. C'est un cocon d'une fulgurante modernité. « Je fais les objets par envie, par fantasme et par intuition. » Jérôme Faillant Dumas n'est pas dans un processus industriel. Il veut un résultat pérenne à l'opposé d'un objet tendance. Il s'agit de la naissance, de la vie et du vieillissement d'une œuvre, il s'agit de l'éducation et de la sensibilité du créateur. « Je préfère faire un objet intemporel avec ses épures qui confrontent le côté contemporain et le savoir-faire traditionnel. » Là se situe le paradoxe : la rondeur, la douceur sont toujours contredites quelque part par un détail. Jérôme Faillant Dumas aime la double personnalité de ses créations. La « double peau » ! Le nickel poli vient contre le bois apporter sa rigueur, l'angle renforcer la rotondité d'une forme, la laque donner de la lumière à l'obscurité du chêne des marais, le plâtre est adouci par le velours ou ennobli par l'albâtre. C'est un mélange permanent, de l'ancien et du contemporain, du chiné et du créé, une obsession d'intemporalité. C'est un poème baudelairien bousculé par le nouveau roman. La rime est soutenue, la prose désaxée, et nous voilà à la limite de l'objet d'art, frontière ténue que Jérôme Faillant Dumas ne se sent pas encore prêt à franchir.









































































Texte Fanny LASSERRE
Portraits Thierry VASSEUR
[B] Jérôme Mesnager













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N°4 - Mai 2009

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Xavier LACROIX
Photo
Gisèle DIDI

Culture

Double face
Jérôme Faillant Dumas / Jérôme Mesnager
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Mon grand écran
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Carte blanche
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