
| [B] Erwin Olaf |  | | [A] Michel Pépy | Une histoire de la solitude | « Il ne se passe jamais rien... Si. Parce que nous sommes des hommes. Et qu'être homme, c'est raconter des histoires. » Ainsi commençait l'édito de Jean-Pierre Maurel dans le dernier numéro de Sub Yu, ainsi pourrions-nous définir les photos d'Erwin Olaf. Ses personnages saisis dans la sidération d'un instant sont vivants au-delà de leur immobilité, sensibles au-delà de leur esthétisme glacé, incarnés plus charnellement qu'un visiteur anonyme qui traverse avec vous cette exposition. |  Erwin Olaf, né en 1959 aux Pays-Bas, vit depuis les années 80 à Amsterdam. Après des études de journalisme, il assiste le photographe André Ruigrok qui lui enseigne le photojournalisme. Il fait ses premiers pas de photographe indépendant au sein du magazine Sek. C'est en 1998 que sa campagne de publicité pour Diesel lui vaut un Silver Lion au festival international de la publicité à Cannes. Il a créé de nombreuses publicités, notamment pour Lavazza, BMW, Microsoft et Nintendo. Meilleur artiste néerlandais de l'année 2006, Erwin Olaf travaille davantage pour des hebdomadaires comme le New York Times, le Sunday Times et Citizen K.  | Quatre séries sont exposées à l'Institut Néerlandais : Rain, Hope, Grief & Fall. Chacune raconte à peine différemment la solitude totale de femmes et de quelques hommes dans un décor années 50, planté implacablement figeant les personnages dans une réflexion triste et passéiste. Pourtant ce n'est pas déprimant de contempler cet univers minuscule que recrée Erwin Olaf dans ces photos, une atmosphère déroutante de nostalgie qui raconte aussi bien que le ferait un romancier un récit énigmatique dont la clé est contenue dans l'instant représenté. Tout est là, il suffit de dérouler le fil de l'imaginaire et voici ce que pourrait être une partie de l'histoire de Barbara lorsque nous la découvrons : courbée, nonchalante, on la devine dans l'abandon d'un homme parti ou peut-être jamais venu. Inutile d'en dire plus, le fantasme fera le reste. Le décor est parfait comme toujours, la nudité froide d'un environnement très peu coloré pour signifier l'absence obstinée de l'autre. Le grain de la peau, les larmes aux bords des yeux, la soie des bas que la jarretelle retient appellent au toucher, au ressenti, à l'émotion pure. |  | Ce que voit Erwin Olaf, ce qu'il narre au fur et à mesure c'est l'histoire d'une fracture, le souvenir d'une blessure, le regret, ce moment de fragilité ténue entre l'avant et l'après. Peu importe que ceux-ci ne soient pas dits, il nous donne la possibilité de continuer en amont comme en aval le rêve d'une vie vraie, la réalité de femmes et d'hommes en quête d'un amour toujours fuyant comme le sable entre les doigts d'une main. On perçoit l'impossible communication, les personnages ne se faisant jamais face, ne regardant que très rarement l'objectif. Ils sont ailleurs, pris dans le tourment d'une vie solitaire. Ils n'appartiennent à personne, ils nous offrent le mystère, le désir d'en savoir plus, de regarder indéfiniment l'expression de leur visage qui nous parle et trouve un répondant dans l'histoire de chacun.
L'art nous apporte un début de réponse à la question de notre existence, Erwin Olaf nous offre davantage, une tranche de vie incroyablement prégnante, une réflexion profonde qui affleure dans chaque image.
L'Institut Néerlandais diffuse également une série de petits films. Les personnages des photos sont filmés, des scènes souvent silencieuses où seuls les bruits sont comme un décor sonore qu'il faut entendre au-delà des mots, des non-dits qui circulent, des regards qui parlent plus justement que tous les dialogues. Une étonnante continuation de la prise de vue, une autre part d'imaginaire qui s'ajoute et dont la force demeure longtemps à l'esprit. |  |  | | Texte Fanny LASSERRE Photos DR | | [A] Michel Pépy |
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Fanny Lasserre24/03/2012
 | L'oxymore, qui crée une nouvelle réalité poétique, n'est pas une invention moderne. Corneille en a fait ce merveilleux vers dans Le Cid : « Cette obscure clarté qui tombe des étoiles ». Aujourd'hui encore, son rythme syllabique comme l'imaginaire qu'il provoque, nous force à en faire référence. |
Fanny Lasserre01/02/2012
 | L'atelier de Li-ling Lin, rue de l'Hirondelle, à l'angle de la rue Gît-le-Cœur, porte déjà en son sein, au rez-de-chaussée d'un hôtel que François 1er a estampillé de sa salamandre en l'honneur de sa maîtresse Anne de Pisseleu, les prémices de l'œuvre cachée et intime d'une artiste peintre discrète. |
Marie Masuyer01/02/2012
 | Dans cet Est parisien où de nombreux artistes plasticiens ont trouvé la lumière et l'espace nécessaires à leur travail, nous rejoignons Xavier Wei (initialement Wei Chenhong), peintre taïwanais et français de coeur depuis 1991. Discret, incarnant au premier abord une réserve toute asiatique, Xavier parle une langue métissée mais qu'on dirait dédiée à son art : précis et perfectionniste. |
Fanny Lasserre et Thierry Vasseur14/10/2011
 | Le Cri de Edvard Munch arrache à Julie Perin un cri du cœur: « Je dis à maman à 12 ans : quand je serai grande, je serai artiste. » Une vocation précoce qui l'anime encore d'une force et d'une capacité de travail impressionnante, accompagnée d'un raisonnement profond et continuel sur le corps, sur cet instant qui perdure où la petite fille devient une femme, objet de fascination et d'interrogations qui viennent depuis nourrir son œuvre. |
Marie Masuyer12/06/2011
 | Les routes d'Elodie Lachaud sont envoûtantes et multiculturelles. Sur fond de balade solitaire, chacun s'y retrouve, entend son histoire, passe d'un monde à un autre sans jamais se perdre complètement. |
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