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Par Fanny Lasserre le 01/03/2009 | Réagir | Envoyer | Imprimer
[A] David Lachapelle
[B] Yang Yi
Surréaliste Pop
Pour la première fois en France, la plus vaste et la plus complète exposition de David LaChapelle a lieu à l’Hôtel de la Monnaie de Paris. La complexité de son travail est ici démontrée de manière innovante. Grâce à l’utilisation de modes de fabrication à la fois industriels et de haute technologie, il crée des tableaux en trois dimensions. La dynamique engendrée par la collision de l’image, de la forme et du contenu étonne le regard. Il faut s’approcher pour y croire, presque toucher pour se rendre compte de l’invraisemblance du sujet. C’est dans la mise en scène fabuleuse de ses photos et la vivacité des couleurs qu’il se distingue. Une vidéo tournée pour cette rétrospective, nous montre son travail. Il est intéressant de regarder les photos et de s’arrêter ensuite sur la fabrication de ces oeuvres. C’est colossal. « C’est beaucoup plus drôle, si on veut photographier une fille assise sur un champignon, de fabriquer le champignon et de l’asseoir dessus, que de le faire à l’ordinateur ». À l’heure du numérique, du montage Photoshop, David LaChapelle préfère installer sa trentaine de personnages nus dans l’eau, empreints de mysticisme et de perplexité, rejouant le Déluge Universel. C’est une re-mise en scène des chefs d’œuvre de la peinture classique, une réinterprétation des scènes de la Bible. Force est de constater que David LaChapelle nous pose des questions, qu’il met en lumières les fondamentaux qui ont forgé notre culture occidentale. Il y ajoute, et avec quelle virtuosité, les techniques les plus modernes de traitement des images. Et il conjugue aussi ses inspirations au présent. Les catastrophes naturelles, tel l’ouragan de 2005 et la mise en scène de photos d’actualité prolonge l’interrogation. Le Big Mac géant qui écrase en tirant la langue une toute petite femme dont on ne voit que les jambes nous interpelle violemment sur la malbouffe.
Glamour, direz-vous, utilisé pour accrocher, pour attirer sans possibilité de refus le regard un peu voyeur du « client ». Mais employé pour parler racisme, quand il intervertit les deux têtes de deux femmes, l’une noire, l’autre blanche. Il démontre alors le métissage complet du monde, en un résumé implacable d’une force et d’une brièveté qu’aucun discours littéraire ne peut approcher. Plus poétique aussi, il sait laisser libre l’imagination du spectateur. Admirez Collapse in the garden, une femme, allongée, petit pistil au milieu du labyrinthe vert d’un jardin à l’anglaise, et nous rêvons à ce que nous voulons. N’est-ce pas l’ultime grandeur, de rendre, après l’avoir conquise, sa liberté à l’œil ? N’est-ce pas là, aussi, la marque d’un poète ?

Exposition rétrospective, Hôtel de la Monnaie de Paris, du 6 février au 31 mai 2009.
Texte Fanny LASSERRE
Photos DR
[B] Yang Yi


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N°2 - Mars 2009

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Pierre MARIANO
Photo
Gisèle DIDI

Culture

Double face
David Lachapelle / Yang Yi
Portrait en coulisses
Vision d'une femme Lejaby par Zoé Cassavetes
Mon grand écran
Quand le théâtre devient citoyen !
Carte blanche
Carte blanche à Yazid Manou

Plaisirs

Rencontre en cuisine
Restaurant Romain
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The Pimp Cook Book
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Etat de séduction
Avant, cela m'arrivait tout le temps...
Hyper boutik
On a aimé chez Arty Dandy

Reportage

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Body Guard, interview coup de poing
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Au bonheur d'une dame
Diva
Chili, le lieu où se termine la terre
Minorités en Majeur
Martine et Maurice
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Abécédaire pour douze rutilants

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Que sais-tu de mon histoire ?
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Trois mois la tête en bas - Le départ
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J'aime / J'aime pas
Portrait d'une assiette
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Louise Della et Fabien Nobile sont tendances !
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